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Plateau de fruits de mer : choisissez le vin sur le produit le plus fragile


Plateau de fruits de mer en accord met et vin
Plateau de fruits de mer : Homard, crabe et huîtres Photo : Pexels

Un plateau de fruits de mer ne rassemble jamais moins de six produits et un seul vin ne peut pas tous les servir au mieux. Regardez d'abord le produit le plus délicat, puis ce qui l'entoure.

Sur les crevettes et langoustines accompagnées de mayonnaise, le Vin de France Antraigue Marsanne 2023 de Christian Rouchier (28 €) apporte l'épaisseur que demandent les crustacés cuits. Sur le homard, le Savennières Roche aux Moines 2022 du Domaine aux Moines (49 €) répond par la tension et le volume. Pour suivre tout le plateau d'un seul verre, le champagne Les Revenants d'Etienne Calsac (95 €) montre un visage différent à chaque produit.

Pourquoi un plateau de fruits de mer complique le choix du vin ?

  • Les coquillages crus apportent l'iode et le sel, les crustacés cuits une chair plus douce, presque sucrée. Les deux tirent le vin dans des directions opposées.
  • La mayonnaise et le beurre demi-sel ajoutent du gras, qui demande au vin à la fois de la matière et de la fraîcheur.
  • Le citron et le vinaigre à l'échalote s’ajoutent à l'acidité du vin.

En résumé, cherchez un vin de tension, avec assez de chair pour tenir le crustacé.

Ce qui se joue en bouche

L'iode des coquillages répond à l'acidité du vin et épouse sa salinité. C'est ce principe qui guide l'accord avec l'huître ou le bulot. La chair des crevettes et des langoustines, elle, appelle de la rondeur.

Le plateau oblige donc à tenir les deux bouts. Un vin trop tendu sert les coquillages mais lâche les crustacés. Un vin trop riche tient le homard et écrase l'huître.

Notre conseil : composez votre plateau en pensant au vin, et servez les coquillages crus en premier, les crustacés ensuite. Le palais suit alors une progression naturelle, du plus vif au plus ample.

Coquillages, crevettes, homard : ce que change chaque produit

Huîtres et coquillages crus

Huîtres, bulots, bigorneaux et palourdes forment le registre le plus iodé du plateau. Ils demandent un blanc sec, salin, de préférence sans bois. Pour aller plus loin sur l'huître seule, retrouvez nos accords vin et huîtres.

Crevettes et langoustines

La chair des crevettes roses et des langoustines est douce et légèrement sucrée. Elles demandent un blanc qui a de l'épaisseur, de la rondeur et une amertume noble en finale. L’autolyse d’un vin blanc en est l’exemple parfait. Pour les crevettes grises, elles se rapprochent des coquillages : un vin vif leur convient mieux.

Homard et langouste

Ce sont les deux produits les plus recherchés, et les plus riches du plateau. Leur chair est ferme, dense, souvent servie tiède ou en sauce. Un blanc de garde, ample et tendu, est à leur hauteur. Il faut bien sûr regarder du côté de la préparation : servi froid sur le plateau avec une mayonnaise, le homard reste dans le registre du blanc de texture. À l'armoricaine, avec sa sauce tomatée et flambée, il appelle encore plus de concentration.

La mayonnaise

C'est le gras qui change tout. Une cuillère de mayonnaise sur une langoustine suffit à faire paraître un vin léger maigre et acide. Si la mayonnaise est généreuse sur votre plateau, choisissez un blanc plus charnu, avec un fruit mûr et de la texture.

En résumé, un plateau se lit produit par produit, et le vin se choisit sur celui qui compte le plus pour vous.

Un plateau, deux bouteilles de vin

L'idée reçue veut qu'un seul vin blanc sec accompagne tout le plateau. C'est pratique, mais c'est rarement juste. Notre référentiel d'accords attribue des vins différents à l'huître, à la crevette et à la langoustine, et ce n'est pas un hasard : ces produits n'ont ni la même texture ni la même saveur. Vous nous voyez venir ?

Notre conseil est d’ouvrir deux bouteilles. Un blanc tendu et salin pour les coquillages crus, un blanc plus ample pour les crustacés, la mayonnaise et le homard. Servez-les dans cet ordre, comme vous servez les produits.

Si vous ne voulez qu'une bouteille, choisissez un vin qui peut tenir sur les deux registres. Un champagne vineux et peu dosé en est le meilleur exemple : sa bulle et sa salinité suivent les coquillages, sa matière accompagne la chair des crustacés, et il gagne en ampleur à mesure qu'il se réchauffe dans le verre. C'est le choix d’Hugo, présenté plus bas dans l'accord audacieux.

Nos trois vins, choisis par nos sommeliers

Chaque vin de cette sélection a été choisi par l'un des sommeliers de Triple Vins, qui explique son choix.

Vin de France Antraigue Marsanne 2023 - Rouchier - 28 €

Choisi par Etienne, pour les crevettes, les langoustines et la mayonnaise. Cette Marsanne vient de la jeune parcelle d'Antraigue, plantée sur gneiss par Christian Rouchier, vigneron de Saint-Jean-de-Muzols.

« Dès que l'on passe aux crustacés cuits, le vin doit prendre de l'épaisseur. La chair légèrement sucrée des crevettes et le gras de la mayonnaise le demandent. Cette Marsanne à pleine maturité offre une texture ample, un joli fruit croquant et une amertume noble qui accompagne le crustacé. Les langoustines, écrevisses, crevettes apprécient la trame fraîche et le léger velouté de ce blanc rhodanien. Le vin épouse la douceur de la chair et sa fraîcheur coupe le gras. »

Savennières Roche aux Moines 2022 - Domaine aux Moines - 49 €

Choisi par Hugo, pour le homard.

« Un mets noble demande un vin noble. Le homard est la pièce la plus riche du plateau de fruits de mer, le Savennières, le vin le plus riche d'Anjou. Le Chenin Blanc déploie une tension saline et un volume qui se développe en bouche, à la hauteur de la chair du crustacé. Savennières est également synonyme de maturité. Sur ces terroirs, la concentration du Chenin accompagne aisément un homard à l'armoricaine. Pour davantage de finesse, préférez un homard à l'estragon, cela apporte davantage d'éclat au chenin et le végétal élance les finales. Pour ma part, j'avoue avoir un penchant pour l'association entre la langoustine et le chenin blanc, une entente passionnelle. »

Champagne Les Revenants - Etienne Calsac - 95 €

Choisi par Hugo, pour tout le plateau, des coquillages au homard. C'est l'accord audacieux de cette sélection, présenté ci-dessous.

Les trois vins de notre sélection plateau de fruits de mer

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L'accord audacieux de nos sommeliers

Un seul champagne pour tout le plateau, Les Revenants d'Etienne Calsac, par Hugo

Pinot blanc, petit meslier et arbane : trois cépages que la Champagne avait presque abandonnés, plantés ensemble sur une même parcelle de la Côte de Sézanne.

« Ce champagne est un assemblage de cépages oubliés. Sur un plateau de fruits de mer, il dévoile différentes facettes. Il s'ouvre aisément avec les coquillages crûs. Le dosage est minimal et l'élan salin du vin rejoint l'iode sans la couvrir. Il suit ensuite les crevettes et les langoustines. La maturité et la bulle légèrement crémeuse répondent à leur chair sucrée. En se réchauffant, le champagne se présente au homard avec davantage d'ampleur et montre de la noblesse. Les notes de noisette accompagnent la chair du homard, et si celui-là doit être servi tiède, ajoutez un peu de citronnelle ou de coriandre, l’accord n’en sera que meilleur. »

Les erreurs à éviter

  • Choisir le vin sur les crevettes et oublier les huîtres. Un blanc rond et fruité, parfait sur les crustacés, paraîtra lourd sur un coquillage cru.
  • Servir un blanc boisé sur les coquillages. Le bois couvre l'iode et fait ressortir l'amertume de la chair.
  • Servir un rouge tannique. Au contact des fruits de mer, le tanin laisse un goût métallique en bouche.
  • Arroser tout le plateau de citron. L'acidité du jus s'ajoute à celle du vin et rend l'accord piquant.

Servir le vin avec un plateau de fruits de mer

L'Antraigue Marsanne se sert entre 11 et 12 °C, sans carafage. Le Savennières Roche aux Moines se sert entre 12 et 13 °C : un carafage de trente minutes ouvre ce vin de garde. Le champagne Les Revenants se sert entre 9 et 11 °C, dans un verre à vin plutôt qu'une flûte, pour lui laisser le temps de gagner en ampleur.

Si vous ouvrez deux bouteilles, commencez par la plus vive sur les coquillages, puis passez à la plus ample sur les crustacés et le homard. Gardez les bouteilles dans un seau d'eau fraîche, à côté du plateau.

Si le plateau est servi en entrée, une bouteille pour quatre à six convives suffit, et le vin suivant pourra monter en puissance. Pour composer la suite du repas, retrouvez notre guide des vins de Noël, de l'apéritif au dessert.

Questions fréquentes

Quel vin avec un plateau de fruits de mer ?

Un blanc de tension avec assez de chair, ou deux vins si le plateau est généreux. Un blanc vif et salin pour les coquillages, un blanc plus ample comme l'Antraigue Marsanne de Rouchier pour les crustacés. Si vous ne voulez qu'une bouteille, un champagne vineux et peu dosé suit tout le plateau.

Quel vin avec des fruits de mer ?

Cela dépend de ce qui domine dans l'assiette. Les coquillages crus demandent un blanc sec et salin, les crustacés cuits un blanc avec de la rondeur, le homard et la langouste un blanc de garde ample. Le point commun : pas de bois marqué et une vraie fraîcheur.

Quel vin blanc avec fruits de mer ?

Un blanc sec, sans bois, avec de la salinité. Chenin de Loire, Chablis, Riesling sec ou Marsanne du Rhône nord couvrent la plupart des cas. Choisissez un vin plus tendu pour les coquillages, plus charnu pour les crustacés et la mayonnaise.

Que boire avec un plateau de fruits de mer ?

Du vin blanc ou du champagne, en priorité. Les bulles d'un champagne peu dosé nettoient le palais entre les produits et suivent aussi bien l'iode que la chair sucrée des crustacés. Évitez les vins sucrés, qui masquent le sel du plateau.

Quel vin rouge avec fruits de mer ?

Le rouge n'est pas notre conseil sur un plateau. Le tanin, au contact de l'iode, laisse un goût métallique. Si vous tenez à un rouge, réservez-le au homard grillé ou en sauce, et choisissez-le très léger, peu tannique et servi frais.

Quel vin avec crustacés ?

Un blanc qui a de l'épaisseur. La chair des crustacés est plus douce que celle des coquillages et demande de la rondeur. Le Savennières du Domaine aux Moines sur le homard et la langoustine, l'Antraigue Marsanne sur les crevettes en sont deux bons exemples.

Quel vin avec le homard ?

Un blanc de garde, ample et tendu. Le homard est la pièce la plus riche du plateau. Le Savennières Roche aux Moines 2022 lui répond par la tension saline et le volume du chenin, sur un homard froid comme sur un homard à l'armoricaine. Un champagne vineux comme Les Revenants fonctionne aussi, surtout sur un homard tiède.

Quel vin avec huîtres et fruits de mer ?

Un blanc assez vif pour les huîtres et assez charnu pour le reste, ou deux bouteilles. Servez le vin le plus tendu sur les huîtres, puis le plus ample sur les crustacés. Pour l'huître seule, retrouvez nos conseils dédiés aux huîtres.

Combien de bouteilles de vin pour un plateau de fruits de mer ?

Comptez une demi-bouteille par personne si le plateau est le plat principal, soit trois bouteilles pour six convives. En entrée, une bouteille pour quatre à six personnes suffit. Si vous servez deux vins, répartissez ces quantités entre eux.

L'abus d'alcool est dangereux pour la santé, à consommer avec modération.

Homard en accord met et vin
Homard présenté entier sur un plateau Photo : Unsplash