Pourquoi la volaille seule ne suffit pas à choisir le bon vin ?
Une volaille de fête arrive toujours vêtue de ses plus beaux atours. Elle est farcie, nappée, rôtie, parfois les trois. Elle est le plus souvent accompagnée d'une sauce ou d'un jus. La chair, elle, reste discrète : fine, tendre, sans aspérité. Il est important de prendre chaque élément de l'assiette en considération pour choisir le bon vin.
Ce que change la farce
La farce pèse souvent plus lourd en bouche que la chair elle-même. Marrons, foie gras, fruits secs, champignons : chaque déclinaison de farce déplace l'accord. Une farce au foie gras apporte du gras tout comme une sauce à la crème. Un jus réduit concentre le salé et l'umami. Une peau caramélisée au four introduit des arômes grillés que la chair n'a pas.
Le bon vin ne se choisit pas uniquement par rapport à la volaille mais à ce qui l'entoure.
Quel vin avec un chapon farci aux marrons ?
La châtaigne apporte une douceur farineuse et des notes grillées. Elle appelle un vin qui a de la texture et de la profondeur, sans sucre bien sûr. Un champagne vineux, 100 % pinot noir, travaillé avec une légère oxydation sera superbe. En rouge, un pinot noir fera écho à son côté terrien.
Quel vin avec un chapon farci au foie gras ?
La farce au foie gras est la plus riche des quatre. Elle demande un vin de tension, qui tranche le gras au lieu d'en ajouter. Un blanc charnu, avec de la rondeur et de la vivacité, comme l'assemblage de Chardonnay et de Pinot Blanc de Jérémy Carteret, tient ce rôle. C'est ce que nous avons détaillé dans notre guide des vins du foie gras.
Quel vin avec un chapon farci aux fruits secs ?
Abricots, pruneaux, raisins : la farce aux fruits secs fait entrer de la sucrosité dans le plat. Le vin doit rester sec, avec assez de texture et de mâche pour tenir l'accord. Le Blanc de Noirs trouve ici son terrain : la gamme aromatique rejoint celle de la farce tout comme la texture et la dimension du Pinot noir vient envelopper la chair du chapon.
Quel vin avec un chapon farci aux champignons ?
Cèpes, girolles, morilles, ces déclinaisons ouvrent le champ des possibles. Sur un pinot noir, surtout élevé sans bois neuf, le vin en partage le registre terrien. Avec des girolles et une sauce plus beurrée, un blanc ample avec un peu d'évolution ou un champagne vineux peut prendre aisément le relais.

